Raúl Aranda : la passion et l’honnêteté

mercredi 19 octobre 2022
par  C.T.J.P.

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Cette soirée a permis au CTJP de recevoir Raúl ARANDA, matador, aragonais de Zaragoza, maintenant retiré des ruedos. L’ami Miguel DARRIEUMERLOU, accompagné d’un autre ami de la peña, Jean-Louis HAURAT a, comme de coutume, assuré avec brio l’animation de cette tarde.

Même si son père allait voir des corridas, il n’y avait pas d’afición particulière dans la famille Aranda. Vers ses 14 ans, un ami Raúl à une capea dans une arène de village, avec, comme souvent, la plaza mayor fermée par des charrettes. C’est là que, pour sa première « expérience », il eut le culot d’affronter un toro devant lequel personne ne voulait sortir ; il se fit bien sûr accrocher et fut soigné par … un vétérinaire !

Et le succès vint petit à petit. Vers 16 ans, il toréa dans une novillada de la oportunidad et obtint un certain succès. Raúl nous conte avec un certain humour qu’il n’eut pas le même succès à la maison, quand ses parents, et en particulier son père, découvrit comment son fils occupait ses loisirs ; il en garde un souvenir … cuisant.
En 1970, José María Errecondo le vit et devint son apoderado, ce qui lui permit de toréer 28 novilladas sans picador cette année-là, en compagnie, entre autres, de Manzanares, Antonio-José Galán, José-Luis Galloso et le matador basque Pascual Mezquita. Le passage en novillada piquée fut un peu difficile mais, heureusement, après quatre ou cinq courses dans lesquelles il ne fut pas bon, une autre lui permit de se relancer.

Raúl prit l’alternative en 1971 dans La Misericordia, la plaza de toros de sa ville natale. Cette cérémonie fut le théâtre d’une « embrouille » comme le mundillo les aime. Le cartel comprenant, outre l’impétrant, Sebastián Palomo « Linares » et son ami Miguel Marquez, il revenait au premier de lui conférer l’alternative alors que, du fait de leur profonde amitié, Raúl tenait à ce que soit le second. Il obtint pour cela l’accord des empresas et des apoderados mais, alors, qu’ils étaient sur le point d’entrer dans le ruedo, « Linares » lui dit : « Ce sera moi qui te donnerai l’alternative ». Cependant, Raùl eut le dernier mot puisque, au moment d’échanger les trastos, il se détourna de « Linares » et fit l’échange avec son ami Marquez. Il en résulta une brouille entre les deux hommes, « Linares » l’ignorant ostensiblement. La querelle se liquida dans un hôtel après une corrida célébrée à Segovia, et de là naquit une longue amitié.

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À partir de ce moment, il toréa avec toutes les figuras de l’époque, ce qui ne le préserva pas des blessures, puisqu’il compte 14 « cornadas » à son « actif ». Alternant ainsi avec les plus grands, tels Paco Camino, El Viti, « El Niño de la Capea », Damaso González, Raúl se considérait comme « un peu en-dessous d’eux », mais a toujours voulu toréer de façon sincère, bajando la mano. Les deux toreros qui l’ont le plus marqué sont ce dernier et son ami Miguel Marquez, car ils lui donnaient l’impression de toujours savoir surmonter leur peur. Aujourd’hui, c’est Andrés Roca Rey qui l’impressionne vraiment.

La peur, il l’a vraiment connue devant un Victorino Martín à Bilbao : un toro mirón, qui ne le quittait pas des yeux et bougeait les oreilles en permanence ; il quitta Vista Alegre de suite après la course, ayant hâte de s’éloigner de ce lieu et de ce moment pénible, qui lui occasionna entre autres quelques dérangements « organiques ».

Quand il décida d’arrêter, il souhaitait que sa dernière course ait lieu dans La Misericordia, pour la Feria del Pilar. Justo Ojeda, empresa et apoderado, lui dit que pour cela, il lui fallait d’abord accepter de toréer pour la San Jorge, ce qu’il fit, mais ne lui évita pas la surprise désagréable de découvrir, lors de la présentation des carteles du Pilar, qu’il n’y figurait pas ; autre cosa de toros …

La passion et surtout l’honnêteté dont il fit preuve tout au long de sa carrière de torero lui valurent un bel hommage de ses confrères quand il décida de se couper la coleta. Ses amis, parmi lesquels Curro Vázquez, Curro Romero et José Mari Manzanares, montèrent un festival d’adieu ; Manzanares était à ce moment au Mexique mais, tenant absolument à être là, il affréta un jet privé depuis Mexico. La soirée nous a donné l’occasion de constater que l’émotion éprouvée devant ce témoignage de reconnaissance et d’amitié reste intacte quelques décennies plus tard.

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Après cet arrêt, comme il s’ennuyait à la maison, un ami lui suggéra de continuer dans le rang des subalternes, en tant que banderillero, ce qu’il fit, mais durant peu de temps. D’abord avec Pablo Hermoso de Mendoza, il passa dans la cuadrilla d’Espartaco. S’étant occasionné une fracture de la clavicule et son poste ne le passionnant pas, il décida d’arrêter définitivement. Il s’était pourtant fixé l’objectif de tuer un toro pour ses 70 ans, ce qu’il fit l’an dernier au Mas de la Chassagne, chez Jean-Baptiste Jalabert. Maintenant, Raúl s’occupe de jeunes voulant devenir aux aussi toreros.

Comme de coutume au Club, après la remise du cadeau d’usage à notre invité, la conversation a pu se prolonger au cours d’un repas apprécié de tous.
Encore une belle soirée, en compagnie d’un homme passionnant car passionné, et par-dessus tout attachant.

Bernard DESVIGNES.
photos : CTJP


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DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015

10 H 00 FERRADE
13 H 00 Repas : Garbure, Jambon à Broche, Haricots Blancs, Salade, Fromage, Tourtière, Café, Vin rouge et Vin rosé compris
15 H 30 CAPEA

Prix de la Journée Adultes : 20 Euros

Réservation avant le lundi 12 octobre 2015 (Places limitées) clubtaurinpau@gmail.com

Nouveaux apoderados pour Juan Bautista

mardi 24 novembre 2009

Juan Bautista vient encore de changer d’apoderado.
La rupture s’est produite exactement comme l’an dernier , au lendemain de la fiesta campera de Riom !
La rupture a beau, comme toujours s’ être passée "amicalement", on souhaite que ce changement ne soit pas un signe d’instabilité et d’incertitude dans la carrière du torero.

C’est Sanchez Mejias qui désormais prend les interêts du torero entre ses mains, associé àCaldas.
Espinosa et Davila Miura n’auront géré qu’un an la carrière de l’arlésien.
Juan Bautista avait dû bien préparer les choses puisque rupture et nouvelle association se sont produites le même jour , en quelques heures.