Les veilleurs de toros

samedi 27 juillet 2013
par  A.L.

Dimanche, lorsque les six novillos et les six taureaux des corridas des fêtes d’Orthez rendront leur dernier souffle dans les arènes du Pesqué, il en est deux pour qui la mort des bêtes aura un goût tout particulier.

Depuis le callejon, le couloir qui sépare la piste du premier rang des gradins, Amador Perez Rivas, 64 ans, et Juan Antonio Agudo Gomez, 32 ans, assisteront alors à la fin d’un cycle.
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Les deux hommes, espagnols, sont mayorales. Les gardiens des taureaux. Ce sont eux qui ont la charge, dans leur ferme respective, de l’éducation des bêtes. De la naissance du taureau à sa dernière salve dans l’arène, ils vivent au plus près de l’animal. Le nourrissent. Le soignent. Le choient. « Le taureau est comme notre propre fils », résume spontanément Juan Antonio Agudo Gomez, qui porte le titre de mayoral depuis 2007.

L’homme est né au milieu des taureaux. Toute sa vie, il l’a passée au côté de son père, lui-même mayoral, dans l’élevage de Boecillo riche de 450 têtes, au sud de Valladolid. Aujourd’hui, le voilà également picador, cavalier de la cuadrilla. « Officiellement, j’ai commencé à travailler à 16 ans, sourit-il. Mais à 8 ans, j’étais déjà à cheval au milieu des bêtes. »

Être fort dans l’arène

Amador Perez Rivas pourrait être le père de Juan Antonio. Ce petit homme à la soixantaine passée a lui aussi consacré son existence à veiller sur les troupeaux. Mayoral depuis vingt-trois ans, il prendra sa retraite au mois d’octobre.

Ensuite, il passera le flambeau à son fils Manuel, qui a grandi dans son sillage, dans la ferme de Sando, un petit village de la province de Salamanque. « Mais je ne m’éloignerai jamais vraiment des taureaux, prévient-il. Ils font partie de mon existence. »

Amador et Juan Antonio partagent ensemble leur métier, leur passion, depuis mardi, dans les corrales de Bayonne. Le premier a la charge des huit novillos prévus pour la novillada. Il était dans le camion lors de l’accident survenu dans la nuit de lundi à mardi et qui a contraint la police espagnole à abattre les novillos présents dans la remorque qui s’est renversée.

« Cela m’a fait énormément de peine. Lorsque tu élèves un taureau, c’est pour le voir être fort dans l’arène, explique-t-il. Pas pour le voir mourir sur la route. »

Juan Antonio raconte à son tour ce qui anime le mayoral dans son travail avec le taureau : « Nous faisons tout pour que la bête soit heureuse. Nous sommes fiers lorsqu’on la voit se battre et qu’elle a l’opportunité de s’exprimer pleinement ».

Juan Antonio se souvient de sa première arène en tant que mayoral. C’était à Parentis-en-Born. Le spectacle avait été assuré. Son taureau n’avait pas été gracié mais un tour de piste avait été accordé à la bête, tractée par les muletiers. Lui avait reçu l’ovation de la foule. La récompense suprême.

Vers l’affrontement

Ce soir, les taureaux rejoindront les arènes du Pesqué. Juan Antonio et Amador laisseront alors derrière eux les enclos de briques où leurs bêtes cohabitent une dernière fois avant d’aller affronter la mort.Les corrales de Bayonne sont perdus au nord de la ville, au bout d’une piste en terre, dans un havre de verdure. L’endroit est loin de la frénésie qui touche les bords de la Nive et pourtant, quelques badauds sont là, foulard autour du cou, pour prendre des clichés des bêtes.

Les mayorales sont aux aguets. « Il ne faut pas que les bêtes s’agitent. Elles pourraient se blesser avant la corrida », s’inquiètent-ils.

« Pour nous aussi la pression commence à monter, avoue Juan Antonio. Quand le taureau sort, on se souvient de tous les moments passés avec lui, donc il faut la surpasser pour profiter de l’instant. »

Juan Antonio et Amador espèrent que les matadors d’Orthez seront bons pour « tirer le meilleur » des taureaux qu’ils ont façonnés. Demain, les deux hommes prieront pour leurs bêtes. En leur souhaitant une mort digne de la vie qu’ils leur ont donnée.

Antoine Védeilhé / Sud-Ouest


Brèves

Pâques taurines à Aignan

lundi 18 janvier 2016

Communiqué du club Taurin "Aignan y Toros"

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Journée Taurine Orthez 2016 : El Retamar et Hoyo de la Gitana.

lundi 14 décembre 2015

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La Mairie d’Orthez et la Commission Taurine ont le plaisir de vous annoncer que les ganaderías qui ont été retenues pour la Journée Taurine d’Orthez 2016 sont celles de El Retamar (Madrid) pour la novillada matinale et de Hoyo de la Gitana (Salamanque) pour la corrida de l’après-midi.
Cette année encore notre choix a été guidé par le désir de proposer à notre public des élevages alliant la qualité de leurs origines et l’originalité ; des élevages qui soient également prompts à représenter la diversité encore existante des grandes familles des toros de combat.
Ainsi, les novillos de El Retamar d’encaste Nuñez vont à nouveau fouler le sable d’une arène française dix ans après leur ultime sortie — qui fut leur présentation — remarquée dans les arènes de Garlin (23/04/2006).
Et au vu des divers succès dans la région de Madrid de cette ganadería durant ces dernières années, nous avons pensé opportun de refaire découvrir ces novillos imposants et possédant une bravoure certaine qui pourra faire vibrer les arènes du Pesqué.

Pour la corrida la Commission taurine a réitérée sa confiance à l’origine Santa Coloma. Cette ganadería d’ Hoyo de la Gitana n’est plus sortie en corrida dans le Sud Ouest depuis les succés de 2008 et 2009 dans les arènes de Dax.
L’élevage de Hoyo de la Gitana est un savant mélange des lignes Ibarra et Saltillo de l’encaste Santa Coloma ce qui devrait contenter tous les aficionados à la recherche de diversité mais aussi de caste vibrante.
La Journée Taurine d’Orthez 2016 se déroulera le dimanche 24 juillet 2016.

Toromagie à Bayonne

vendredi 11 décembre 2015

Dernier rendez-vous de l’année 2015 aux Arènes : TOROMAGIE" Noël solidaire " le dimanche 20 décembre.

Après le succès du 1er "Toromagie" aux Arènes l’an passé, le Noël solidaire revient le dimanche 20 décembre, au bénéfice des enfants malades de l’Hôpital de la Côte Basque.

Toutes les Peñas et la Ville de Bayonne ainsi que l’ensemble de la Commission taurine seront aux fourneaux : Cercle Taurin Bayonnais, Peña Taurine Côte Basque, Peña Taurine Bayonnaise, Peña Campera, Club Betisoak et 100% Recorte vous proposeront (toujours pour 1 € !) leurs "créations artistiques" : Soupes, Pintxos, Tartes, Grillades, Frites et Crêpes...
Entrée libre de 12h à 15h.
Déposez un jouet à l’entrée pour les enfants hospitalisés !
Toreo de salon pour tous.
Petit veau pour les enfants ( encadrés par les professionnels présents).
Démonstration devant 2 vaches par les recortadores de 100% Recorte.
Venez nombreux pour ce Noël Taurin !
Bonnes et Joyeuses Fêtes pour toutes et tous !
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