jeudi 11 avril 2019
par  A.L.

Ganadero romantique !

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La Espera…l’attente en Espagnol. Le nom de la ganaderia s’est imposé à Jean-François Majesté (<photo), venu raconter sa trajectoire au CTJP ce 5 avril, ainsi qu’à ses compagnons, et il est conforme à leur histoire commune.
A cinquante-quatre ans, Bayonnais de naissance, Jean-François Majesté travaille dans le secteur bancaire. Quelle idée que de quitter Bordeaux toutes les fins de semaine, de changer ses chaussures de ville pour les bottes en caoutchouc, et d’être au campo aux côtés de son bétail ?
En fait, Jean-François Majesté en bon Bayonnais est un aficionado de toujours : les fêtes de Bayonne ont été l’occasion de tester des vaches, Pampelune celle de courir devant les taureaux durant les encierros. Entre autres.
C’est presque par « accident » que J-F. Majesté intègre l’équipe de la ganaderia El Palmeral, d’origine Atanasio Fernandez par Antonio Ordoñez, dont l’amitié avec A. Crabos remontait aux années 90 et basée près de Bidache au Pays Basque. Il y découvre le taureau et les différentes phases du travail au campo où le regard est différent de celui dans l’arène. Suite à une brouille familiale, A. Crabos lui demande de prendre en charge la destiné de l’élevage. Ce que J-F. Majesté fait avec le regard de l’aficionado d’abord et selon ses goûts personnels. La reprise s’avère compliquée du point de vue sanitaire. La rencontre avec Christophe Brard, avec qui il partage beaucoup de valeurs permet de pallier les manques et de gagner du temps.

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C. Brard (>photo), co-créateur de l’Association des Vétérinaires Taurins, applique au bétail brave du Palmeral ce qui s’applique dans les élevages domestiques (vaccination, vermifugation etc.). Tous les six mois, il assure le contrôle et le suivi des 72 vaches.
A force de travail, les problèmes posés par le bétail du Palmeral sont résolus.
Avec le décès d’A. Crabos, les négociations sur la suite avec O. Martin, son neveu, se révélant sans issue font que l’expérience « El Palmeral » s’achève en avril 2010. L’éleveur arlésien Fano reprend le fer et le bétail dont la majeure partie part en Camargue.

Après avoir tiré les enseignements de cette expérience, et en toute connaissance des risques, l’envie de redémarrer est présente dans l’esprit de J-F. Majesté. Le préalable est d’être le seul responsable du point de vue financier. L’équipe- Franck Betachet, Christophe Brard, Yves Bippus, Christian Guillemin - présente au Palmeral le conforte dans l’idée de poursuivre.
Mais avant d’être éleveur, il faut être agriculteur. Après des années de recherche, c’est en 2015 que J-F. Majesté fait l’acquisition d’un terrain de 25ha et d’une maison à Cagnotte dans les Landes.
Un départ avec du sang Atanasio étant impossible, Jean François se met à la recherche recherche d’un toro qui correspond à ce qu’il aime : un animal avec de la race, qui transmet et permet au torero de s’exprimer au troisième tiers. Sa recherche l’oriente vers les toros d’El Tajo et La Reina (Joselito).

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Un lot de 30 vaches est constitué mais devant le refus de la SAFER d’autoriser l’achat de terres, J-F. Majesté doit renoncer à l’achat des vaches du maestro Joselito.
Une nouvelle occasion se présente avec du bétail d’Olivier Fernay et sa ganaderia Virgen Maria d’origine Jandilla, Victoriano del Rio. 35 vaches et un semental « Nazareno » (Jandilla / Algarra) sont achetés et restent en pension chez O. Fernay pendant deux ans. Le temps d’acquérir les 25 ha cités plus haut et d’installer le matériel nécessaire, les vaches arrivent enfin à Cagnotte en janvier 2017. Les veaux sont quant à eux logés chez Alma Serena des Frères Bats.
2017 sera la première temporada de la nouvelle ganaderia : avec dix novillos tués à puerta cerrada et un novillo extraordinaire à La Brède en juillet de la même année.
La première saison en public a été celle de 2018 notamment avec un novillo à Orthez.
Actuellement, l’élevage compte 80 têtes de bétail dont une quarantaine de vaches.
En 2019, 10 erales sont prévus pour La Brède, Tyrosse, Bayonne…et peut-être Mont de Marsan où un tirage au sort est prévu.
En guise de conclusion, C. Brard évoque la création ex-nihilo de La Espera , en ce XXIè siècle et qui plus est en France... comme un véritable acte romantique. Jean-François Majesté, ganadero romantique !

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photos :La Espera

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Remise du traditionnel Magnum du Domaine du Grabiéou.


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jeudi 21 février 2019
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