L’élégance de Manolito de Los Reyes

mardi 11 décembre 2018
par  A.L.

L’invité de la dernière soirée pour 2018 était le banderillero Manolito DE LOS REYES, la conférence étant animée par Miguel DARRIEUMERLOU accompagné de Jean-Louis HAURAT qui assurait également la traduction des propos du torero.

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© CTJP

D’abord, pourquoi Manolito ? Tout simplement parce que son père se prénomme Manolo. Ce dernier est venu de son Andalousie natale pour s’établir près d’Olite, au sud de Pamplona (dans « grand Nord », donc !), s’y est marié et … n’en est plus reparti. Il y a créé une école taurine, ce qui fait que Manolito s’est trouvé à l’âge de 4 ans (!) devant une vache, laquelle l’a d’ailleurs secoué sans ménagement. Le garçon s’est ensuite essayé au football, puis est devenu recortador. Mais, son père étant également ganadero et apoderado, il se retrouva fréquemment à la table familiale en compagnie de cuadrillas, et c’est sa mère qui un jour, suggéra « Pourquoi ne pas devenir banderillo, au poste de 3ème ? ». Et, comme dirait Céline, « ça a débuté comme ça ».

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© CTJP

L’homme n’a pas choisi de devenir novillero, du fait de son manque de connaissances techniques mais, à partir de 21 ans, a eu l’occasion de toréer à Pamplona, Bayonne, Mont de Marsan et autres, ce qui lui permit d’être remarqué par sa régularité et par là de devenir recherché. A noter que n’ayant pas de costume de lumières, il a effectué son premier paseo formel avec un vieux costume prêté par l’école taurine, dont les machos lui arrivaient au niveau des chevilles ! Il a toréé deux ans en novillada non piquée, deux ans en piquée, puis est passé en corrida à Pamplona avec Francisco Marco. Au passage, il a officié comme doblador, toujours à Pamplona, mais n’a jamais été pastor et n’a jamais couru l’encierro, qu’il qualifie de « folie organisée » !
A la question « Quels sont vos souvenirs d’arène les plus importants ? », il répond tout simplement que mettre le traje de luces est déjà en soi un cadeau du ciel, que ce soit en novilada ou en corrida. Il aime beaucoup se retrouver dans les cuadrillas de débutants car il apprécie une fraîcheur, qui malheureusement va diminuant quand ils montent dans la hiérarchie taurine.
Sa manière de banderiller ? Il avance au pas vers le toro, cloue de face, avec le mufle quasiment sur lui, et sort en reculant.
La paire de banderilles du souvenir ? Cette année, à Mont de Marsan, toréant avec Juan Leal dans une corrida de Dna Dolorés Aguirre où tout s’est bien passé alors que, la veille, il y avait été quelque peu « chatouillé » par un La Quinta.
La course dont il aimerait ne plus se souvenir ? Celle de Baltasar Iban en 2017, à Aire sur l’Adour, où Fandiño a trouvé la mort ; il avait toréé avec lui à Bilbao, à Céret, … et il nous dit tranquillement que, s’il lui était donné de choisir sa mort, ce serait dans une arène.
En termes de préparation, il court deux fois par semaine et torée de salon avec Diego Urdiales et Tomàs Campos ; cette pratique lui permet d’acquérir les automatismes qui lui servent dans l’arène. A ce sujet, il se pose -et nous pose- la question suivante : dans quelle profession autre que la tauromachie a-t-on un tel niveau d’exigence envers les professionnels, et ce à chacune de leur sortie ?
Quid de l’adaptation de la lidia au toro ? Un animal difficile se repère dès son premier tour de piste ; avec ce type de « client », on fait ce que l’on peut pour ne pas se faire attraper. Curieusement, avec un « bon » toro, on se confie plus, et la cogida arrive plus fréquemment …
La puntilla : il s’est entraîné à cet exercice dans un abattoir, ce qui, il y a 25 ans, ne posait problème à personne (aujourd’hui, …). La difficulté arrive quand le toro a la tête relevée, fermant ainsi l’espace intervertébral où doit pénétrer le poignard. C’est d’ailleurs dans cette circonstance qu’il a reçu sa plus grave blessure.
En termes de statistiques personnelles, Manolito a effectué 61 paseos en 2018 et, à ce jour, environ 1 200 en 22 ans de carrière.
De lui-même, il dit qu’il aimerait conclure la soirée en nous parlant rapidement des difficultés que connaît la fiesta de nos jours :

  • il est vrai que la fiesta traverse un mauvais moment ;
  • plus on en parle, plus on sera écouté ;
  • côté espagnol, le problème vient d’abord de la multiplicité des règlements taurins : il y en a quasiment un par région ;
  • la position des partis politiques sur le sujet est multiple : ¤ pour un même parti, selon les régions ; ¤ dans certaines régions, au sein même d’un parti ;
  • aujourd’hui, plus aucun torero ne remplit les arènes ;
  • et pourtant, de son côté, la France arrive à faire quelque chose de plus positif. Que pense-t-il de la multiplicité des mano a mano et des « seul contre 6 » ? Ces spectacles devraient restés cantonnés dans les arènes de 1ère catégorie ; d’autre part, un mano a mano n’a de sens que s’il y a une véritable competencia entre les deux toreros. Les figuras se dispersent, voire se galvaudent, en se produisant dans les arènes de 2ème et a fortiori de 3ème catégorie.

Manolito de Los Reyes, un homme sérieux, qui parle de façon claire et concise, montrant à l’occasion une élégance rare, a captivé de bout en bout le public du CTJP. Des intervenants de cette qualité, on en redemande !
B. Desvignes

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© Patrick Soux

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Brèves

Le CTJP chez Malabat à Brocas Les Forges (40)

vendredi 9 octobre 2015

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DIMANCHE 18 OCTOBRE 2015

10 H 00 FERRADE
13 H 00 Repas : Garbure, Jambon à Broche, Haricots Blancs, Salade, Fromage, Tourtière, Café, Vin rouge et Vin rosé compris
15 H 30 CAPEA

Prix de la Journée Adultes : 20 Euros

Réservation avant le lundi 12 octobre 2015 (Places limitées) clubtaurinpau@gmail.com

Nouveaux apoderados pour Juan Bautista

mardi 24 novembre 2009

Juan Bautista vient encore de changer d’apoderado.
La rupture s’est produite exactement comme l’an dernier , au lendemain de la fiesta campera de Riom !
La rupture a beau, comme toujours s’ être passée "amicalement", on souhaite que ce changement ne soit pas un signe d’instabilité et d’incertitude dans la carrière du torero.

C’est Sanchez Mejias qui désormais prend les interêts du torero entre ses mains, associé àCaldas.
Espinosa et Davila Miura n’auront géré qu’un an la carrière de l’arlésien.
Juan Bautista avait dû bien préparer les choses puisque rupture et nouvelle association se sont produites le même jour , en quelques heures.